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La Place - Souvenirs d'une habitante

INONDATIONS

Dans les années 1980, les fossés autour de la place ont été creusés, canalisé par d’énormes buses capables de débiter de grandes quantités d’eau, versées par des orages et venues des trois versants du village.

Mais Avant ?

Côté sud le minuscule ruisselet venu d’Hurtaut pouvait se transformer en peu de temps en torrent de montagne, recevant l’eau de tous les champs qui l’entourent. Coté Est le ruisseau de trucoporcs (Caussignol) venu de Montbrun et bien qu’assez profond, ne contenait plus toute l’eau s’écoulant aussi des champs, qu’il recevait.

Coté Nord, la route de Pompertuzat faisait office de ruisseau tant l’eau dévalait rapidement et faisant ainsi déborder les petits ruisseaux.

Lors de chaque orage de fin Juin ou d’été, les habitants du quartier s’inquiétaient de voir leurs maisons inondées par cette route de Pompertuzat transformée en torrent transportant herbe et boue venus des champs.

Le cauchemar se reproduisait deux ou trois fois dans l’année, mettant à mal la patience des habitants.

La place inondée parfois regardait passer les balles de fourrage et partir en direction d’Aureville. Les potagers en bordure du ruisseau du Caussignol étaient dévastés, le courant emportait tout. Il n’y avait plus de route, plus de fossés, seul filait un courant large et boueux.

Après venait le temps du nettoyage, des pelles, une année les pompiers appelés à la rescousse tant l’eau montait, sont venus pomper l’eau dans une maison. Le cauchemar !!.

Aussi lorsque la mairie, consciente de tous ces désagréments, a informé les habitants du quartier que de lourds travaux avaient été programmés afin « d’éradiquer » ce phénomène, tous ont été soulagés.

Il a fallu patienter plusieurs mois avec des routes barrées, le pont est fermé à cause des travaux mais quoi qu’importe la vallée de la place est restée sereine, depuis plus d’inondations.

LE COFFRE FORT

Dans les années 1970, une nuit d’été des habitants du quartier entendent des bruits bizarres venus de la Place. Après avoir recherché la provenance de ces curieux bruits ils repèrent une voiture DS blanche garée chemin d’Urtaut face à la fontaine et de drôles de bonhommes qui frappent sur de la tôle au fond du fossé ?

Curieux et intrigué le lendemain matin l’un se risque à poursuivre son enquête. Il découvre caché sous de l’herbe sèche un coffre-fort en fer, telle une armoire de plus d’un mètre de hauteur. Il s’en suit le téléphone à la gendarmerie de Montgiscard qui préférera laisser le coffre-fort sur place et sous surveillance, tendant ainsi un piège à ces curieux personnages.

Les habitants du quartier, excités par les événements s’improvisent justiciers, cachés dans le potager le plus proche derrière les haricots verts grimpants, ils guettent une partie de la nuit suivante si le guet-apens va fonctionner, chaperonnés par les gendarmes qui s’en seraient bien passés.

Le piège était sensé, la DS blanche a réapparu, trois hommes sont descendus, et en quelques minutes sont remontés dans la DS et ont redémarré en trombe.

La gendarmerie après un rodéo poursuite a pu les interpeller en direction de Villenouvelle.

La tension était vive chez les habitants, la nuit avait été courte de suspense et d’émotion.

Le lendemain un agriculteur venait avec son tracteur et sa remorque accompagné par les gendarmes récupérer le coffre-fort.

Plusieurs jours après les rapports des faits et des émotions à la gendarmerie, on apprenait qu’un important promoteur immobilier de Toulouse avait été cambriolé d’un vol de coffre-fort (Sté Déromédi). C’est chez nous dans le calme, que les cambrioleurs avaient élu domicile pour ouvrir leur coffre munis de barres à mines.

Bons au porteurs et lingots d’or ont animé les conversations et fait rêver le quartier de la Place pendant tout l’été.

LE TRANSFORMATEUR

Autrefois avant ces dérèglements climatiques, nous avions dans la région des saisons marquées, avec aussi des étés très chauds. Faisant suite à ces chaleurs immanquablement il éclatait des orages quelquefois violents. C’était réglé d’avance, pendant les périodes du 14 juillet pour la fête de la Matalèno (La Madeleine), et la période du 15 août : l’orage.

Y verrions-nous l’intercession de notre Sainte Patronne La Vierge Marie ? en tous les cas, deux orages que tout le monde attendait confiant d’avoir de l’eau.

Il se trouvait près de la place du village en lisière du chemin qui monte à Urtaut, une cabine de transformateur électrique munie d’un paratonnerre. Monstre de béton de plus de deux mètres de haut dont on entendait battre le cœur jour et nuit.

C’était l’élément le plus surveillé par les enfants du village lors des orages et surtout lors des coups de tonnerre et des éclairs. Impatients, nous attendions de voir le « feu d’artifice » lorsque la foudre venait toucher le monstre, spectacle impressionnant surveillé bien à l’abri de la maison. La bête alors s’embrasait pour quelques furtives secondes de couleurs jaune, rouge et reprenait presque à chaque éclair ce spectacle qui nous fascinait, nous privant à l’époque d’électricité pendant plusieurs jours.

Lors de sa démolition, il y déjà des années, une tendre nostalgie d’enfant est venue regretter   « le feu d’artifice » de la place.